Lots

Lot 100

Vendu : 8 000 €

Simon BOLIVAR (1783-1830)

Catégorie : Dessin

le héros libérateur d’Amérique du Sud. L.A.S., Guayaquil 21 août 1823, à son ami et aide-de-camp Daniel Florencio O’LEARY ; 2 pages et quart in-4 (fentes réparées au dernier feuillet) ; en espagnol.
TRES BELLE ET IMPORTANTE LETTRE POLITIQUE DU LIBERTADOR.
Il remercie O’Leary de ses observations et de son conseil de ne pas se rendre à Bogota pendant les sessions du Congrès,  » pour qu’on ne dise pas que je l’influence dans ses délibérations ou que je l’opprime par mon pouvoir. […] Ne serait-il pas mieux pour la Colombie, et pour moi et pour l’opinion, que l’on nomme un Président, et qu’on me laisse simple généralissime ? Je tournerais autour du Gouvernement comme un cavalier autour d’un troupeau de vaches. Je le défendrais de toutes mes forces et de celles de la République. Ce Gouvernement serait plus fort que le mien, parce que j’ajouterais à mes propres forces celles intrinsèques du Gouvernement et les forces particulières du personnage qui le servirait. L’Administration générale serait complète, achevée, pleine de légitimité et d’autorité. Le Gouvernement serait fort par lui-même et par l’appui que je lui donnerais. Ils auraient unité, stabilité et continuité « … Il pousserait les Députés, empêcherait les désordres, entrerait en campagne sans avoir besoin d’abandonner le Gouvernement, et consacrerait toute son attention à l’Armée et à l’application de la force armée.  » Cette mobilité serait admirable pour accourir avec promptitude et opportunité là où le danger m’appellerait. Ainsi éviterait-on toutes les insurrections et toutes les attaques soudaines; et le Gouvernement serait bien en selle, jouissant d’une totale tranquillité, et assuré que je me présenterais de tous côtés, comme une muraille à l’intérieur de laquelle seraient sauvegardés l’ordre public et la paix domestique. L’Administration irait son chemin, sans obstacles. Les Citoyens seraient en paix, jouissant du cours des Lois, et mon opinion retrouverait le brillant qu’elle a perdu. Ainsi la Colombie gagnerait-elle beaucoup, et moi, la gloire, la liberté et le reste. Si l’on n’adopte point ce parti, ou bien vous me perdez, ou bien vous perdez la Colombie, et dans les deux cas nous perdons tous. Je ne puis vivre sous le poids de l’ignominie qui m’étouffe, et la Colombie ne peut pas non plus être bien servie par un homme désespéré, à qui on a brisé tout ce qui stimule l’esprit et arraché tout espoir. Au nom du Ciel, O’Leary ! Pour la Colombie et pour moi ! Propagez cette idée, insinuez-la dans l’esprit des Législateurs, et je vous autorise en plus à faire imprimer un texte plein de force et d’éloquence, démontrant l’utilité de l’adoption de cette mesure « …