Lots

Lot 39

Vendu : 130 000 €

RARE BÉNITIER en pierre calcaire sculptée toutes faces. Île-de-France, milieu du XIIe siècle.

Catégorie : Objet d'art ancien

RARE BÉNITIER en pierre calcaire sculptée toutes faces. De forme légèrement trapézoïdale, il est orné, sur chaque face, de trois arcatures abritant un personnage qui symbolise un mois de l’année avec les symboles zodiacaux au registre supérieur :
Face 1 – janvier : sous le signe du Capricorne, Janus à table avec la tête d’un vieillard pour l’année
écoulée et celle d’un jeune homme pour l’an nouveau?;
février : sous le signe du Verseau, un vieillard se chauffe les mains à un brasier?;
mars : sous le signe du Poisson, un homme taille la vigne.
Face 2 – avril : sous le signe du Bélier, un homme cueille des fleurs?;
mai : sous le signe du Taureau, la chasse au faucon?;
juin : sous le signe des Gémeaux, un homme se repose à l’écoute de la nature.
Face 3 – juillet : sous le signe du Cancer, la moisson?;
août : sous le signe du Lion, le battage des grains?;
septembre : sous le signe de la Vierge, la vendange.
Face 4 – octobre : sous le signe de la Balance, le foulage du raisin;
novembre : sous le signe du Scorpion, les semailles?;
décembre : sous le signe du Sagittaire, l’abattage du cochon.

Île-de-France, milieu du XIIe siècle.
(très légères épaufrures).
H. 27 L. 35 P. 34,5 cm

PROVENANCE : ancienne collection Jean Fürstenberg, château de Beaumesnil (Eure).
Le zodiaque accompagné des travaux des mois est un thème fréquemment représenté au Moyen Âge depuis l’époque carolingienne, dans les enluminures, les pavements, les vitraux, les fresques et le décor sculpté des églises. Chaque activité rurale n’est pas rigoureusement associée à un signe astral et on peut voir certains décalages dans ces représentations. Celle de ce bénitier est ainsi très proche du célèbre calendrier zodiacal de la cathédrale d’Amiens sans pour autant être totalement identique.
La pierre a été analysée par Annie Blanc, géologue : il s’agit d’un « calcaire poreux à milioles du Lutétien. Ce calcaire provient probablement des carrières de l’Oise, des environs de Saint-Maximin ou de Saint-Vaast-les-Mello ».
L’agencement de figures sous une suite d’arcatures séparées par des colonnes au fût cylindrique semble assez courant en Île-de-France, au XIIe siècle. comme on peut le voir sur des retables ou des chapiteaux notamment à Saint-Denis. La qualité de sa facture rattache ce bénitier à un atelier de l’Île-de-France, ayant travaillé pour un chapitre d’une importante abbaye ou cathédrale.
OUVRAGES CONSULTÉS : exposition, Paris 2005, La France romane au temps des premiers capétiens (987-1152), musée du Louvre, cat. ; exposition, Paris 2009, P. Y. Le Pogam, Les premiers retables (XIIe – début du XVe siècle), musée du Louvre, cat.