Lots

Lot 23

Estimation : 4 000-6 000

Maître des Onze mille Vierges (actif en Castille vers 1490)

Catégorie : Tableau Ancien

Maître des Onze mille Vierges (actif en Castille vers 1490)
L’Assomption de la vierge
Panneau, trois planches, parqueté
150,5 x 84,5 cm
Restaurations anciennes
Panneau constitué de trois planches assemblées à joints vifs et maintenues au revers par de la filasse et trois traverses d’origine posées à contre-fil.

Dans un halo doré d’où rayonnent des langues de feu, quatre anges volant soulèvent la Vierge frontale dont les pieds reposent sur un croissant de lune porté par un cinquième ange. Elle est représentée les mains jointes, le regard baissé. Un somptueux manteau broché et doré recouvre sa tête couronnée de douze étoiles et sa robe semée de rosaces. Cette formule iconographique souvent comme ici incluse dans une bordure festonnée simulant les nuées, apparait à la fin du XVe siècle particulièrement en Castille dans la région de Burgos, Palencia et Ségovie. La Vierge y est assimilée à la Femme du livre de l’Apocalypse ou à la fiancée du Cantique des Cantiques. Sous l’influence de Litanies de Lorette, les douze étoiles représenteraient les douze apôtres et le regard baissé de la Vierge priant les mains jointes indiquerait non pas son ascension mais sa descente vers la terre sur le croissant de lune (cf. P. Silva Maroto in La Pintura gotica flamenca, Bartolomeo Bermejo y su epoca cat. exp. Barcelone, Bilbao février-juin, 2003, p. 464-466).

On pourra rapprocher le style de notre panneau des oeuvres données au Maître des Onze Mille Vierges actif à Ségovie à la fin du XVe siècle. Son appellation provient du tableau représentant Sainte Ursule et les onze mille vierges conservé au Prado (n°1293) ainsi que trois autre oeuvres : l’Imposition de la chasuble à saint Ildefonse (n°1294) le Couronnement de la Vierge (n°1290) et une Assomption de la Vierge (n°1328) (cf J. M. Azcarate, in Arte gotico en España, Madrid 1990, p. 392 ; Museo del Prado , Catalogo de las pinturas, Madrid 1996, p. 262-263 repr.)
Le personnage de la Vierge aux proportions imposantes ainsi que le détail de sa physionomie tout en rondeur rappellent ces mêmes éléments dans les oeuvres attribuées à ce maître principalement dans la scène de la Remise de la chasuble à saint Ildefonse. Le traitement du drapé damassé de la chasuble creusé de larges plis profonds et celui plus sec et tourmenté des aubes des anges, procèdent d’un même savoir-faire. Une seule réserve concerne les visages des anges dont les traits simplifiés trahissent sans doute ici la main d’un aide.