Lots

Lot 109

Vendu : 46 000 €

Jean-Baptiste Marie PIERRE (1714-1789)

Catégorie : Tableau

Jean-Baptiste Marie PIERRE (1714-1789)
Deux femmes cousant ; Une femme cousant
Paire de papiers marouflés sur toile.
24 x 19 cm

Provenance : Galerie Emmanuel MOATTI ; acquis auprès de ce dernier par les actuels propriétaires.

Pierre a suivi un parcours presque parfait à l’Académie Royale. Il obtient le premier prix de peinture en 1734 et il arrive à Rome en juin 1735 où il fit ses études sous la direction de François de Troy. Il repart à Paris au printemps 1740. Agrée à l’Académie le 8 avril 1741 il est reçu Académicien en mars 1742. Dès 1744, il est Professeur et nommé Directeur en 1770. La même année, il est nommé Premier Peintre en remplacement de Boucher. Son influence dans les affaires pédagogiques et culturelles est prépondérante sous le règne de Louis XVI et pendant l’administration de son directeur des Bâtiments du Roi, le Marquis d’Angivillier.

Le premier style de Pierre est proche de Boucher, mais vers 1750 son style change pour faire place à une technique plus linéaire où il donne l’impression d’être avant tout un peintre classique de grands thèmes antiques. Dans ce nouveau style, il réalisa en 1751 de prestigieuses commandes pour l’Hôtel de Soubise, et montre ses talents en matière de projets décoratifs, mais c’est surtout dans le domaine religieux à grande échelle, comme le plafond de la Chapelle de la Vierge à Saint Roch (1749- 1756) que Pierre est admis.

Nos deux tableaux se situent au début de sa carrière vers 1740 quand à son retour de Rome Pierre fait sensation avec des scènes de la vie populaire comme La Maitresse de l’Ecole (1741 Auxerre ; musée d’Art et Histoire) ou le Retour du marché (vers 1745 Dijon, musée des Beaux-Arts). Les pendants de femmes cousant révèlent un aspect intimiste du peintre avec une douce lumière sur les figures et une grande sensibilité dans les coloris. Dans un autre tableau de cette période, La Mauvaise Nouvelle (1740, Paris ; Musée Nissim Camando de Camondo). Pierre montre la fluidité et vivacité de son style par le bouillonnement des soieries or et rose et le sentiment de désarroi qu’il traduit. Les pendants des femmes cousant sont plus calmes que La Mauvaise Nouvelle mais respire la même sensibilité d’artiste.