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Lot 77

Vendu : 39 000 €

François EISEN (Bruxelles 1685 – après 1778)

Catégorie : Tableau Ancien

François EISEN (Bruxelles 1685 – après 1778)
Le marchand d’orviétan; comédiens sur une place de village
Paire de toiles
55 x 91 cm
Portent une ancienne attribution à Jeaurat
Provenance : Ancienne collection Philippe Wiener ; collection Jacques Seligmann et fils en 1930 et qui les vendent en 1943.
Exposition de la Société nationale des Beaux-Arts, Paris, Grand Palais, mai-juin1930, n° 51 et 52 (comme Etienne Jeaurat, 60 x 94 cm).

Né à Bruxelles, François Eisen se marie à Valenciennes en 1716 où il séjourne un certain temps, puis est reçu à l’académie de Rouen en 1745. Il se fixe à Paris vers 1762. A cette époque, son fils Charles Eisen est devenu un graveur célèbre qui a ses entrées à la cour, proche de la marquise de Pompadour. François a touché à plusieurs genres. On connait quelques portraits et des scènes religieuses de sa main, mais c’est surtout des scènes de genre ou d’enfants qui lui ont assuré la notoriété. Ces deux pendants ont longtemps été attribués à Etienne Jeaurat au cours du XXe siècle, par assimilation aux scènes de rue de ce peintre conservées au musée Carnavalet et à son Intérieur avec un marchand d’orviétan (Paris, musée Cognacq-Jay). Les sujets de foires sont relativement courants au XVIIIe siècle, chez Giandomenico Tiepolo, chez Jean-Baptiste Lallemand par exemple, et il convient de les rendre à François Eisen. On rapprochera notre paire de la « favorite du sultan » (vente anonyme, Thierry de Maigret, paris, le 7 décembre 2012, n°54), signée et datée de 1772, la « Sultane favorite » (vente Sotheby’s, New-York, 22 janvier 2003, lot 101) qui présentent la même touche vibrante et colorée.

Au centre du premier tableau, un charlatan, vêtu en oriental, harangue la foule en montrant une fiole d’orviétan, un antidote à base d’opium paré de toutes les vertus à cette époque. A ses côtés, son assistante fait un tour de magie ou de bonneteau avec des lapins dans des timbales en argent. Des forains ont installé leurs stands pour une fête de village : à droite, on donne un spectacle de marionnettes et on danse au son de la cornemuse au second plan à gauche. De part et d’autre, une paysanne vend ses volailles et une marchande de vaisselle propose sa marchandise. La seconde toile montre une estrade de théâtre entourée par les badauds. Un jeune Pierrot appelle les passants à regarder une scène de la Commedia dell’arte, où la jeune première dans sa robe corsetée rose tient son barbon par le menton, alors qu’Arlequin derrière elle dévoile son prétendant derrière un rideau. Plus à gauche, on découvre un concert de violon et une famille participant à une loterie, avec un effet luministe. Les deux scènes sont animées par des enfants qui jouent, deux d’entre eux avec un singe habillé en costume de fantaisie. La description montre la complexité des scènes entremêlées, avec ici tout ce qui fait le charme raffiné du 18e siècle français, dans une palette suave, typique de leur auteur.