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Lot 136

Vendu : 32 000 €

Francesco RIGHETTI (Rome, 1749 – Rome, 1819)

Catégorie : Objet d'Art

Tête de Jupiter
Bronze, fonte à cire perdue.
Signé et daté au dos :
F.Righetti : F.Romae: 1788
Haut. totale : 47,5 cm ; buste : 23,5 cm.
Tête de Junon
Bronze, fonte à cire perdue.
Signé et daté au dos :
F.Righetti : F.Romae: 1788
Haut. totale : 48 cm ; buste : 24 cm.

Piédouches en marbre vert. Les bustes reposent sur une base de marbre blanc
en forme de colonne cannelée ; contre-socles quadrangulaires en marbre noir.
Ornementation de feuilles d’eau, frises de bronze doré à motif de perles et
torsades.

Francesco Righetti est sans conteste l’un des sculpteurs, bronziers et
fondeurs les plus importants à Rome à la fin du XVIIIe siècle et au début du
XIXe siècle. Après son apprentissage avec Luigi Valadier, orfèvre et
sculpteur, Righetti s’installa à son compte. Sa première grande commande
date de 1781 et consista à fondre douze répliques de sculptures antiques,
mais aussi des copies d’après Jean de Bologne ou Duquesnoy pour le banquier
anglais Hope. La grande qualité de son travail lui permit également
d’obtenir la commande de la réduction du groupe du Mont Parnasse du musée
Pio-Clementino pour l’Impératrice Catherine II, en 1786.
Sans s’étendre sur l’étendue de sa brillante production, Righetti fut
surtout connu – comme ses contemporains Giovanni et Giacomo Zoffoli – pour
les nombreuses réductions d’antiques qu’il fondait pour les visiteurs
étrangers désireux de garder un souvenir des plus célèbres sculptures de
Rome. L’ampleur de son atelier l’obligea même à faire travailler d’autres
artistes comme Camillo Pacetti qui copiait pour lui des modèles d’antiques.
Le catalogue rédigé en français qu’il publia en 1794 donne la mesure de
l’étendue de sa production. Il proposait ainsi à la vente soixante seize
(simples) figures, vingt-cinq groupes, différents vases et trophées,
sculptures d’animaux et enfin cinquante six bustes parmi lesquels devaient
figurer ceux de Jupiter et de Junon présentés ici. Il est fort probable
qu’ils furent ramenés en France dès 1788 comme le laisse penser leurs socles
raffinés typiques de la fin du règne de Louis XVI. Ils renvoient à d’autres
exemples présentant les mêmes qualités d’exécution et de reparure, tels que
les bustes de Bacchus et Ariane (1789, Oxford, Ashmolean Museum) de
dimensions similaires, ou encore la paire de bustes de Bacchant et
Bacchantes signé et daté 1791, montés sur des socles en marbre bleu turquin,
et provenant selon le texte du catalogue de vente du palais de Saint Cloud
(Vente, Paris, 8 avril 1892, n° 54).

Bibliographie :
Inédit. Sur Francesco Righetti : Hugh Honour, After the Antique : Some
Italian Bronzes of the Eighteenth Century, Apollo, mars 1963, p. 194-200.
Alvar Gonzales-Palacios, Ristudiando I Righetti, Antologia di Belle Arti,
Nuova serie, II. 39-42, 1991-1992. Studi sul Neoclassissismo III, p. 17-46.
Nicholas Penny, Catalogue of European Sculpture in the Ashmolean Museum.
1540 to the present Day. Volume 1, Italian, Oxford, 1992, p. 117-120. Cat.
expo. : Art in Rome in the eighteenth century, Philadelphie, Museum of Art,
2000, p. 276-277.