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Lot 24

Vendu : 65 000 €

Elisabetta Sirani (1638 – 1665) Bérénice II d’Egypte

Catégorie : tableau

Elisabetta Sirani (1638 – 1665)
Bérénice II d’Egypte
Toile.
Signé et daté sur la broderie de la chemise Elisabetta Sirani 1664.
55 x 44,5 cm.

En 1664, la réputation d’Elisabeth Sirani est établie. A une époque où il ne sied pas aux femmes d’être peintre, elle remporte de nombreuses commandes de tableaux d’église ou de sujets mythologiques et le grand duc Côme III de Médicis l’honore de sa visite, discutant avec elle d’une commande en cours de réalisation : une Allégorie de la Justice, la Charité et la Providence, les trois vertus attachées au nom des Médicis. Alors qu’elle meurt à 27 ans, son journal ne liste pas moins de 170 tableaux, 10 gravures et de nombreux dessins. Son père, lui-même peintre et marchand d’art, l’initia à ces techniques avant qu’elle ne rejoigne Guido Reni pour lequel elle représentait, dit-on, l’idéal du canon féminin. Elle travaille avec adresse et rapidité, utilisant des dessins préparatoires et des modèles vivants. Les traits de cette Bérénice, proches de ceux d’une Vierge à l’enfant peinte la même année (cf. Bohn fig. 34 p. 225) permettent de penser qu’un même modèle a pu poser pour les deux toiles. La reine Bérénice fut l’épouse de Ptolémée III, roi d’Egypte, qui agrandit son royaume jusqu’à Babylone au IIIe siècle av. J.C. Elle tient une mèche de ses cheveux qu’elle vient de couper, car elle a fait le voeu d’offrir sa belle chevelure à Aphrodite si son mari rentrait sain et sauf d’une expédition militaire menée contre les Syriens. Ces cheveux ayant mystérieusement disparu, son mari, fou de rage, fit fouiller en vain toute la ville jusqu’au moment où son astronome les reconnut dans un amas d’étoiles. On peut encore voir cette “chevelure de Bérénice” dans les cieux sous la forme d’une constellation qui porte son nom.

Bibliographie en rapport : [Expo. Bologne, 2004-2005] Elisabetta Sirani, pittore eroina (1638-1665), cat.
par Jadranka Bentini et Vera Fortunati.
Babette Bohn, “Elisabetta Sirani and drawings practices in early modern Bologna” in Master drawings, vol. 42
n° 3, 2004, pp. 207-236.