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Lot 154

Vendu : 36 000 €

Deux Porte-lampes ou Mash’al Safavides, Iran, Fin du XVIe – Début du XVIIe siècle, Epoque Safavide

Catégorie : Chine et Orient

Deux Porte-lampes ou Mash’al Safavides, Iran, Fin du XVIe – Début du XVIIe siècle, Epoque Safavide
Fonte de laiton ciselé, gravé et incrusté de pâte noire
H. 29,5 D. 20 cm

Ces flambeaux étaient surmontés d’un couvercle qui, retourné, formait lampe à huile.
Les surfaces sur lesquelles le décor est ciselé étaient enduites d’une pâte noire qui avait pour effet de créer un fort contraste et de mettre en valeur la ciselure.

Ces flambeaux sont ornés de quatrains poétiques en persan de Qayel Torchizi mort en 955 AH /1546-1547 AD ainsi que du célèbre poète Saadi.
Ces quatrains sont une adresse à l’être aimé par le biais d’images évoquant la flamme consumant l’amoureux renvoyant à la fonction de ces flambeaux, mais célébrant aussi la relation mystique à Dieu.
Des flambeaux comparables sont conservés dans des grandes collections muséales internationales dont deux flambeaux au musée du Louvre (AD 5603 et AD 17604).

Le premier portant une inscription postérieure au col, est inscrit sur le col et la base d’un quatrain de Qayel Torchizi, poète mort en 955 AH / 1546-1547 AD :  » Un soir que ton Visage de Lune devint la lumière de ma solitude / Le cierge fondit impatient de notre entretien / A l’instant où de ton visage pareil à la lune tu jettes le masque / Se lève le soleil de notre bonne fortune « .
Sous forme d’une adresse à l’être aimé, le poète célèbre en réalité la relation mystique à Dieu.
Voir : Melikian-Chirvani, A.S. (1973) Le bronze iranien – Musée des Arts Décoratifs, Paris : Hemmerlé, Petit & Cie, pp. 110-111.

Le second est inscrit sur le fût dans des chevrons d’un quatrain, probablement par le célèbre poète Sa’adi, poète soufi du XIIIe siècle.
Le col et la base sont inscrits dans des chevrons de distiques d’une ode de Molla Heyrati Touni, mort en 961-962 AH / 1553-1554 AD :  » Quand l’âme me brûle de l’amour des idoles / L’amour à tout moment me brûle d’un autre feu / Je suis comme le papillon avec le cierge / Car si je m’avance je me brûlerai les ailes / Dans la souffrance de t’aimer je brûle et la brûlure a reconnu / La gloire d’un cierge qui brûle au-dessus de moi. « . Voir : Melikian-Chirvani, A.S. (1973) Le bronze iranien – Musée des Arts Décoratifs, Paris : Hemmerlé, Petit & Cie, pp. 116-117.

Beaucoup de ces objets en fonte de laiton étaient fabriqués en Inde pour le marché iranien.
Provenance : achat avec André Godard à Téheran entre 1935 et 1937.