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Lot 56

Vendu : 162 500 €

Camille Claudel L’Implorante

Catégorie : Objet d'Art

Camille Claudel (1864 – 1943)
L’Implorante, vers 1920

Sculpture en bronze à patine brune.
Signée sur la terrasse C. Claudel.
Fonte Eugène Blot fondeur, numéroté 45 sur la tranche antérieure du socle.
H. 26,6 L. 34,5 P. 21 cm

Provenance : collection particulière, achetée par le père des propriétaires actuels vers 1980.

L’Implorante est l’une des figures de L’Âge mûr décrite ainsi par Paul Claudel : “Ma soeur Camille. Implorante, humiliée, à genoux,ncette superbe, cette orgueilleuse, c’est ainsi qu’elle s’est représentée. Implorante, humiliée, à genoux, et nue ! Tout est fini !”. L’Âge mûr décrit les étapes de sa liaison avec Rodin, qui touche alors à sa fin. La figure agenouillée de L’Implorante apparaît pour la première fois sous la forme du Dieu envolé, exposé dès 1894 et peut-être inspiré d’un tableau de Ferdinand Hodler exposé l’année précédente, La Communion avec l’infini. On y voit une femme nue dans un paysage, les bras tendus vers le ciel.
Les éditions en bronze des oeuvres de Camille Claudel ont principalement été entreprises par Eugène Blot. Lorsque ce
dernier cède ses droits à la fin des années 1930 à Leblanc-Barbedienne, il indique qu’il a tiré 59 des 100 exemplaires de L’Implorante en réduction numérotée 2, la taille de notre bronze.
En 1932, l’éditeur et marchand d’art Eugène Blot adressa à Camille une lettre admirable et touchante dans laquelle il lui dit, en parlant de sa sculpture L’Implorante : “Un jour que Rodin me rendait visite, je l’ai vu soudain s’immobiliser devant
ce portrait, le contempler, caresser doucement le métal et pleurer. Oui, pleurer. Comme un enfant. Voilà quinze ans qu’il est mort. En réalité, il n’aura jamais aimé que vous, Camille, je puis le dire aujourd’hui. (…) Le temps remettra tout en place.”
Bibliographie : H. Asselin, La Vie artistique de Camille Claudel sculpteur, Extinfor, Pages de France, no 8239, 1951, p. 3.

A. Rivière, L’Interdite de Camille Claudel, Paris 1983, p. 76 no 23.

R. M. Paris et A. de La Chapelle, L’OEuvre de Camille Claudel, catalogue raisonné, Paris 1991, p. 164 à 166 no 43 .
G. Bouté, Camille Claudel, le miroir et la nuit, Paris 1995, p. 146 et 148.
R. M. Paris, Chère Camille Claudel, histoire d’une collection, Paris 2012, no 2.