Lots

Lot 243

Vendu : 52 000 €

Attribués à Jean-Baptiste Tilliard, Paire de tabourets à châssis en bois mouluré, Epoque Louis XV.

Catégorie : Mobilier

Paire de tabourets à châssis en bois mouluré, sculpté et doré à décor de feuillages reposant sur des pieds terminés en volutes. (petits accidents). Attribués à Jean-Baptiste Tilliard. Epoque Louis XV. H. 56 L. 64 P. 49 cm Ces tabourets peuvent être rapprochés de deux fauteuils et d’un canapé conservés au Palais du Quirinal, (reproduits,dans Il patrimonio artistico del Quirinale, Gli arredi Francesi, A. Gonzalez-Palacios, Electa 1996, n° 14 et 15 et Bill G.B. Pallot L’Art du siège au XVIIIe siècle ACR 1987 p. 148) (voir ill. ci-dessous). Au musée du Louvre, une paire de tabourets (Donation Grog Carven 1973 OA 10508) est exposée actuellement dans l’aile Sully. Cet ensemble commandé à Paris vers 1750 pour le duc et la duchesse de Parme comprenait, entre autres, un canapé, quatre fauteuils, six tabourets et douze ployants. L’ensemble a été garni par le tapissier Antoine Noël Collard, installé rue Coquillière, qui emploie à cette époque Claude François Capin qui deviendra dix ans plus tard Tapissier ordinaire du Roi et du Garde-Meuble de la Couronne. Le canapé figure sur un portrait de Don Philippe de Parme peint par Pécheux en 1761, garni d’un velours cramoisi brodé d’or (voir ill. ci-dessus). L’un des fauteuils est quant à lui représenté sur le Portrait de famille peint vers 1757 (voir ill. ci-dessus) couvert, lui, d’une étoffe cramoisie dépourvue d’ornements brodés que l’on pourrait attendre en suite avec le canapé. Pour Xavier Bonnet, (communication verbale), le fauteuil a été dégarni de sa broderie à son arrivée à Parme et transféré sur un autre ensemble dont un fauteuil conservé à l’Ermitage à Saint-Petersbourg (ill. dans Pallot p. 146) et l’autre dans une collection anglaise après avoir été la propriété de Boni de Castellane au palais Rose (vente Monaco 21 juin 1987 n°1100, ibid. p. 142 et 143). Le meuble de la chambre du duc est parmi les premiers commandés à Paris et envoyés en Italie : un lit complet figure dans les envois réalisés par le commissionnaire Boucher de Saint-Martin entre le 1er octobre 1750 et le 30 septembre 1751 (archives des Affaires étrangères, correspondance diplomatique Parme folio 141, recto volume 13). Le reste du meuble est envoyé entre le 1er octobre 1751 et le 31 décembre de cette même année, « Un sopha, quatre fauteuils, (…) Six Tabourets en bois sculpté et doré couverts en Velours avec Broderie d’or (…)Douze Pliants en bois doré Couverts de velours brodé d’or Les Housses de Gros de Tours (…) Quatre portières en Velours avec broderie d’or (…) Deux Paravents en Velours avec broderie d’or (…) deux pièces de Tapisserie de velours brodées d’or » (idem volume 14) . En janvier 1752, le tapissier Jean Baptiste Pétrus, arrivé au service du duc en 1749, met en place le meuble dans la chambre du duc au palais de Parme (Archivio di stato diParma, Conpuitisteria 1287b). L’attribution à Jean-Baptiste I ou Jean Baptiste II Tilliard repose sur la découverte d’une paire de fauteuils estampillés Tilliard (Christie’s New York 1 nov. 1989, lot 148) où l’on retrouve un gabarit identique et une sculpture très proche. Egalement voir pour une paire de fauteuils estampillés Tilliard et portant les marques de Fontainebleau, la vente Sotheby’s New York, 21 mai 2004, lot 24. Bien qu’aucune estampille n’ait été relevée sur les sièges de cette provenance parvenus jusqu’à nous, cette attribution est aussi acceptée par A. Gonzlez-Palacios et Alexandre Pradère (ibid, p. 152). Louise-Elisabeth de France (1727-1759), fille aînée de Louis XV, dite Madame Infante. En 1739 elle épousa son cousin l’infant Philippe d’Espagne. Ils deviennent duc et duchesse de Parme en 1748. Lors des nombreux voyages où elle réside auprès de son père à Versailles (en 1748, 1753 et 1759), elle effectue de nombreux achats : 34 chariots remplis d’orfèvrerie, porcelaine, chaussures, vêtements, sièges, meubles et même des pots de crème prennent le chemin de Parme (1749). En 1753, d’Argenson note dans son journal « une grande quantité de chariots chargés de toutes sortes de nippes que le Roi lui donne ». L’abbé Richard dans sa Description historique et critique de l’Italie (Paris 1766 p. 30 et 31), décrit le palais du duc « Les meubles et la tapisserie de l’appartement de l’Infant sont de velours cramoisi brodé en or (…) L’appartement qu’occupoit l’Infante est entièrement démeublé ». Nous remercions Xavier Bonnet, tapissier, pensionnaire de l’Académie de France à Rome, qui travaille sur les tapissiers à la Cour de Parme dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, de sa précieuse aide dans l’élaboration de cette fiche.