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Lot 165

Vendu : 6 000 €

Albrecht von HALLER (1708-1777) botaniste et médecin suisse.

Catégorie : Archives, authographes

Albrecht von HALLER (1708-1777) botaniste et médecin suisse.
L.A.S., Göttingen 27 février 1752, [à Louis DAUBENTON ?] ; 4 pages in-4 (beau portrait gravé joint).
BELLE ET LONGUE LETTRE SCIENTIFIQUE, SUR SES EXPÉRIENCES SUR LA CIRCULATION SANGUINE ET LA SENSIBILITÉ NERVEUSE.
Il remercie son correspondant des peines qu’il s’est données pour lui, à l’égard du Journal des savants ;  » LA METTRIE a avoué à vint personnes, qu’il ne m’a jamais vu « . Il le remercie aussi des  » marques d’aprobation  » qu’il a données à ses propres Réflexions sur le système de la génération de M. de Buffon, et des lumières  » sur le succès des experiences elles memes : je tacherai de les verifier, et j’ai toujours cru que les particules organiques de M. de B. [BUFFON] et les animalcules de LEEUWENHOEK ne sont, que des insectes habitans d’une liqueur, qui aproche de la pouriture dans tous les animaux connus. Pour la nonexistence du corps-jaune dans les animaux, ou dans les femmes vierges, je lai trop souvent verifiée pour craindre de me tromper « …Il parle de son collègue HOLLEMAN, qui n’est pas  » pyrrhonien  » mais observateur, et de ses travaux sur les baromètres et les os d’éléphant, et le prie de charger quelqu’un de faire pour eux un  » dessin du femur du squelète d’éléphant du Jardin du Roi « .
Puis il parle de ses  » experiences sur le mouvement du sang veineux, qui repond à la respiration. Je suis sur à n’en point douter, qu’il y a dans la jugulaire (jusqu’au cerveau) dans la cave inferieure jusqu’au femur et dans la souclaviere jusqu’au milieu de la basilique un mouvement alternatif des plus evidens, ces veines s’afaissant et se vuidant dans l’inspiration, elles se remplissent et se gonflent dans l’expiration. Cette acceleration de la circulation seroit-elle un des usages inconnus de la respiration ? Les animaux chauds en pourroient avoir besoin, ils ont selon ce que j’ai pu voir, le coeur plus grand et le nombre de vaisseaux rouges incomparablement plus fort que les animaux froids « … Il a refait encore ses expériences sur la sensibilité et sur l’irritabilité :  » Les tendons tailladés, percés, coupés à demi à des chiens en vie ne font aucun mal à ces animaux, il est meme etonnant de voir des chiens danser après qu’on leur a coupé à demi le tendon d’Achille. Le perioste tailladé ne fait aucun mal à un chien, qui crie vivement à la moindre blessure de la peau. Je crois que les chirurgiens m’auront quelque obligation. […] Tous ces chiens guerissent en se lechant sans aucun symptome. Je refais et varie encore mes experiences pour en faire un petit sisteme, que je publierai dans nos mémoires, dont j’aurai l’honneur de vous envoyer le 1er volume par quelque ocasion. Il n’en reste que quelques feuilles à imprimer. M. ZIMMERMANN est encore ici chez les Lord Murray. […] Un Ecossois croit avoir decouvert dans le saumon, que le male est pourvu d’un penis et que l’accouplement s’y fait absolument comme dans les quadrupedes. Je serois charmé, que cela fut. On aime naturellement la simetrie – parce qu’elle est commode, et qu’elle soulage notre paresse « …