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Lot 30

Vendu : 3 400 €

A frenc-arab dictionnary/ Dictionnaire français-arabe.

Catégorie : livres

Dictionnaire français-arabe. J. F. Ruphy. Dictionnaire abrégé françois-arabe, à l’usage de ceux qui se destinent au commerce du Levant. Paris, imprimerie de la république, an X [1802].
Un volume in-4°, plein maroquin rouge à long grain, filets & frise dorés encadrant les plats, long ex-dono à l’or sur le premier plat, motif doré au centre du second, dos lisse orné aux petits fers, frise dorée courant sur les coupes, double roulette dorée intérieure, gardes de moire bleue, toutes tranches dorées. (reliure signée Champy au premier contre-plat. Reliure des années 1808-1814).

Reliure très légèrement frottée en quelques endroits. Ouvrage imprimé avec les célèbres caractères de l’Imprimerie  » de la république  » (ci-devant  » royale « , maintenant  » nationale « ), reconnaissables par le point qui accompagne la hampe de la lettre L.
Il s’agit du premier dictionnaire français-arabe publié en France. L’intention de l’auteur était de faciliter le commerce que la conquête de l’Égypte par Bonaparte avait favorisé. Livre rarissime sur le marché.
Offert par l’auteur à M. de Fontanes, grand maître de l’université française ( » Excellmo et Illustmo Domno De Fontanes Gallicæ Universitatis Amplissimo Magistro Offerebat Devotmus et Humilmus Servus Ruphy « ). En 1788, Louis-Marcelin de Fontanes (1757-1821), alors poète et journaliste en cours de notoriété, écrivit l’Épître sur l’édit en faveur des Protestants, à la gloire de Louis XVI. Dès l’année suivante, il devint l’ami intime du jeune Châteaubriand. En 1797, bien que profondément royaliste, Fontanes publiait dans le Mémorial une lettre ouverte au général Bonaparte, l’appelant à renverser la république directoriale. Sur la demande du Premier Consul, il prononça aux Invalides l’éloge funèbre de Washington. Amant d’Élisa Bonaparte, sœur de Napoléon, il devint conseiller au ministère de l’Intérieur et président du Corps législatif (1804). Ses liens très proches avec l’Empereur d’une part, et son amitié avec Châteaubriand et les milieux royalistes & catholiques d’autre part, le placèrent dans une position propre à aménager un modus vivendi entre ces milieux et le nouvel Empire. En particulier, Châteabriand lui doit l’essentiel de sa carrière et de sa notoriété sous l’Empire. Nommé Grand Maître de l’Université (1808), Fontanes fit accepter par Napoléon la nomination de Bonald, de Joubert, de l’abbé Émery, de Mgr de Frayssinous. C’est à Fontanes que l’enseignement français doit l’importance, voire la prépondérance, du domaine littéraire qui engendra, quelques années plus tard, la pléiade des jeunes poètes qui se groupèrent autour de Châteaubriand puis de Lamartine. La Restauration le nomma pair de France. Fidèle à ses convictions monarchistes tout en faisant partie de l’établissement impérial, il publia clandestinement des poèmes vigoureusement critiques de la dictature napoléonienne (Ode sur l’assassinat du duc d’Enghien, Stances à M. de Châteaubriand &c.). En résumé, les Lettres françaises doivent à Fontanes leur nouvel essor à l’époque romantique, et Châteaubriand lui est redevable de sa carrière & de sa notoriété. Une Célébration nationale eut lieu à sa mémoire en 2004.
Très belle reliure de présent, sur un texte rarissime