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Lot 119

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Joseph BANKS (1743-1820) naturaliste et botaniste anglais, il participa au premier grand voyage du capitaine Cook, et fut Président de la Royal Society.

Category: Archives, authographes

Joseph BANKS (1743-1820) naturaliste et botaniste anglais, il participa au premier grand voyage du capitaine Cook, et fut Président de la Royal Society.
L.A.S., Londres, Soho Square 16 juillet 1801, [à Déodat Gratet de DOLOMIEU] ; 4 pages in-4 ; en anglais (portrait gravé joint).
BELLE LETTRE DU PRÉSIDENT DE LA ROYAL SOCIETY AU GRAND GÉOLOGUE, CAPTURÉ PENDANT SON VOYAGE DE RETOUR D’ÉGYPTE ET RETENU PRISONNIER EN SICILE PENDANT 21 MOIS.
Il profite de l’occasion du retour de M. De Draës pour féliciter Dolomieu sur son retour dans son pays, et en particulier d’avoir échappé à la persécution à laquelle il fut assujetti par la conduite malavisée de la Cour de Naples. Banks a employé tous ses moyens et tous ses arguments pour que Sir William et Lady HAMILTON, et Lord NELSON, sollicitent sa libération, et il est sûr qu’ils se sont intervenus avec instance auprès du Gouvernement, du Roi et de la Reine de Naples. Il a été peiné que leur intercession n’ait obtenu qu’un adoucissement de ses conditions de détention, mais consolé que ses amis n’aient pas relâché leurs efforts, même après leur retour en Angleterre : le sort cruel de Dolomieu a fait l’objet de lettres de Lady Hamilton à la Reine de Naples, alors en Allemagne… Tous les hommes de science ici ont regretté cette situation, connaissant la contribution de Dolomieu à l’accroissement du savoir humain ; mais, malgré leurs capacités individuelles à intervenir auprès du gouvernement en sa faveur, la Royal Society en tant que corps n’a pris aucune mesure, ni reconnu publiquement sa situation… En Angleterre on est aussi attaché au gouvernement royal que Dolomieu peut l’être au gouvernement républicain, et, quels que fussent leurs voeux particuliers, ils ne trouvaient ni bienséant ni convenable de spéculer sur la conduite d’un Roi dont ils ignoraient les motifs, ni, en tant que société, de prendre position sur des affaires politiques. Il espère donc que Dolomieu n’a pas publiquement exprimé sa conviction que la Royal Society est intervenue en sa faveur, ce qui serait inexact… Banks serait heureux d’apprendre que Dolmieu emploie sa plume pour illustrer la géologie de l’Égypte ; les connaissances qu’il a rapportées doivent être sans prix, car comme ce pays est susceptible d’être abandonné à nouveau à ses habitants illettrés et barbares, beaucoup de temps pourrait passer avant que la science n’ait encore l’occasion de mener des recherches sur ce qu’il a vu et pourra décrire. Les Anglais, quoique très attachés à la Science, n’ont pas, comme le Premier Consul, envoyé des savants avec leur armée ; leurs succès, si le Ciel leur en donne, leur procureront seulement des avantages politiques ; tandis que la Science, négligée par leurs gouvernants, devra décerner à la France, pour avoir mêlé l’instruction à l’armée et recueilli des connaissances bénéfiques à toute la race humaine, des lauriers qui seront pour leurs chefs des ornements stériles de vaillance victorieuse…