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Lot 19

Sold: 2,800 €

Anne-Louis GIRODET-TRIOSON (1767-1824) peintre. L.A.S. ” Girodet Trioson “, au Bourgoin près Montargis 14 janvier 1816, à Henri-Guillaume CHÂTILLON, ” artiste graveur ” à Paris ; 3 pages et demie in-4, adresse.

Category: Archives, authographes

Anne-Louis GIRODET-TRIOSON (1767-1824) peintre. L.A.S. ” Girodet Trioson “, au Bourgoin près Montargis 14 janvier 1816, à Henri-Guillaume CHÂTILLON, ” artiste graveur ” à Paris ; 3 pages et demie in-4, adresse.
LONGUE LETTRE APRÈS LE DÉCÈS DE SON PÈRE ADOPTIF, LE DOCTEUR TRIOSON (7 décembre 1815).
Il est heureux d’avoir reçu des nouvelles de son ami : ” J’ai plus besoin que jamais de compter sur l’affection de mes bons et anciens amis après la perte cruelle et irreparable que j’ay faite, que mon sejour encore necessaire ici, que tous les objets qui m’entourent me retracent sans cesse et sans distraction, l’embarras des affaires resultant de ce triste évenement ajoute encore à ma douloureuse position “… Il ne pense pas pouvoir s’absenter avant un mois, ” les dispositions du testament de mon père étant fort compliquées, et ses papiers mal en ordre “…
Il a appris avec satisfaction les bonnes nouvelles de DEJUINNE, son élève : ” Je suis persuadé qu’il aura fait de bonnes études à Naples malgré le mauvais tems ” et la saison d’hiver peu favorable. ” Je serai fort curieux de voir les études de Pestum que je n’ai apperçu que de fort loin et avec une lunette d’approche qui me les fesait voir comme des petits points colorés en lumière rougeatre sur le bord de la mer “…
Il déplore le retard pris sur son projet d’illustration des Odes d’ANACRÉON à cause du malheur qui lui est arrivé : ” Il est bien vrai que l’homme propose et que Dieu dispose, mais il dispose parfois bien cruellement […] ce retard ajoute encore à la peine de ma position car je m’appercois plus que jamais de la fuite rapide du tems la premiere de nos proprietés, la plus precieuse, elle comprend tout la santé, la fortune, la jeunesse, ceux que nous aimons et quand ces tresors sont ecoulés ils ne reviennent plus “… Il pense que M. PEQUIGNOT n’a reçu aucun des effets ni des dessins de son frère ; il n’a lui-même rien reçu… Il demande des nouvelles : ” dites moi quelque chose de notre republique des arts jusqu’à présent si mal gouvernée et qui le sera peut-être encore tant le bien est difficile à faire “. Il a appris que GUÉRIN était nommé à Rome et que DAVID devrait ” bientôt quitter la France. J’ai cependant peine à le croire. Dites-moi si notre musée commence à se rétablir. On assure qu’il ne sera pas si nud que nous pouvions le penser ” [après les restitutions aux Alliés]. Ils devraient conserver ” la collection de la Villa Albani. Si cela est, nous serions encore les plus riches en antiques, après Rome “… Il termine par des nouvelles d’amis…