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Lot 138

Sold: 3,200 €

Alexis-Claude CLAIRAUT (1713-1765) mathématicien et astronome.

Category: Archives, authographes

Alexis-Claude CLAIRAUT (1713-1765) mathématicien et astronome.
L.A. avec 2 SCHÉMAS (la fin manque), [mai 1741, à Émilie DU CHÂTELET] ; 4 pages in-4.
LONGUE LETTRE SUR LES DOUTES SUR LA MESURE DES FORCES MOTRICES DE VOLTAIRE, DONNANT DES CONSEILS POUR UNE NOUVELLE ÉDITION DES INSTITUTIONS PHYSIQUES DE LA MARQUISE (1740 ; nouv. éd. 1742).
Sa lettre l’a tiré d’inquiétude ; il avait peur qu’elle ne fût mécontente de ce qu’il ne lui ait pas écrit directement les mêmes choses qu’à VOLTAIRE, et il n’a eu de réponse ni de lui ni d’elle. ” J’ai vû avec un très grand plaisir que vous étiés contente de ce que je mandois à Mr de Voltairre. A vous dire vray je m’attendois que ma lettre ne vous deplairoit pas & je ne comptois gueres sur l’approbation de Mr de Voltairre. J’aurois été cependant charmé qu’il m’eut mandé ce qu’il en pensoit & qu’il eut discuté cette matiere avec moi mais il m’a traité en calculateur indigne des matieres qui demandent un esprit philosophique tandis qu’il honore de lettres à faire envie des gens qui pour sçavoir mal le calcul n’en sçavent pas mieux la physique. Je ne veux point m’etendre sur les reproches que je pourrois lui faire parceque ce seroit vous en faire un peu aussi, quoique vous meritiés votre procès. Il me paroît difficile que vous n’ayés pensé quelques fois à celui des forces vives & à ceux qui en pouvoient raisonner avec vous “… Pris dans ” une crise d’occupation “, Clairaut n’a pu faire ce que son amie demandait pour son ouvrage, mais il a lu ” avec beaucoup de soin & de severité ” deux chapitres et il fait ici quelques remarques. Mais auparavant il l’assure qu’il partage son opinion sur l’article de JURIN, sans doute entraîné par l’esprit de parti, et il proteste contre l’idée que la politique le retient sur la question des forces vives : ” la plupart de ceux qui sont pour les forces vives, ont les principes suffisans pour ne se point tromper dans les questions de mecanique, au lieu que le plus grand nombre de ceux de l’autre parti commettent mille parallogismes. Ceux du parti anglois qui, pour comparer la force vive des corps en mouvement à la force morte sur laquelle tout le monde est d’accord s’en tiendront à dire qu’ils regardent la force vive comme la somme des coups de la gravité ou de telle autre pression qu’on voudra pendant le tems qu’elle s’est exercée, ne se laisseront pas demonter “… Il se livre à quelques réflexions tendant à démontrer qu’on ne saurait réduire la force vive à un principe net, puis en vient au détail des chapitres 17 et 18 de son livre, discutant les paragraphes 412 et 414, avec DEUX SCHÉMAS DESSINÉS…